Les arts martiaux ont été créés par des hommes pour les hommes ; et l'aïkido n'a pas échappé à la règle!

Difficile a entendre et a intégrer lorsqu'on est une femme, que l'on pratique l'aïkido et que la seule chose qu'on désire le plus c'est de pratiquer encore et encore, de partager ses sensations voire les transmettre!
Et pourtant c'est une évidence : l'aïkido a été créé par un homme pour les hommes.
De ce constat on peut donc se demander comment la femme peut elle trouver sa place dans cette discipline ? A t elle un rôle à jouer dans la pratique de l'aïkido et comment le justifier? Peut elle évoluer techniquement comme un homme? A t elle une légitimité technique ?
Et parce qu'il est bien convenu que c'est l'homme qui part faire la guerre et pas la femme, que nous n'avons pas été programmée pour décimer notre espèce mais pour donner la vie, il paraîtrait très logique de penser que les arts martiaux ne sont pas innés chez nous.
Mais même si les arts martiaux ont longtemps été l'affaire des hommes, on peut facilement imaginer qu'ils ont subis la même évolution que la société elle même -dans sa globalité- : effectivement nous tendons vers une mixité dans tous les domaines quels qu'ils soient : Nous voulons nous aussi diriger, participer activement au développement de notre société, de notre vie politique, économique et sociale... mais si c'était bien plus qu'une mode ou un combat pour la mixité??
Pour ce qui est de la place de la femme dans le budo...
Pour justifier le rôle ou tout au moins la place de la femme dans la pratique d'un art martial ou plus particulièrement de l'aïkido, il faut aller plus loin que les arts martiaux eux mêmes, il faut plutôt s'imprégner de la culture qui les berce.
Dans la tradition japonaise de la période Edo, les femmes pratiquaient un art martial spécifique, le « nagi nata » : une arme de guerre ancienne, comparable à une lance ou à une faux, qu'on accrochait au-dessus de la porte et que les femmes utilisaient pour défendre la maison. Le maniement de l'arme n'était alors enseigné que dans des écoles réservées exclusivement aux femmes; Bien heureusement les moeurs ont évoluées et les tatamis sont devenus mixtes!!_la femme était donc naturellement incluse dans le contexte historique de guerre du japon.
Justifier le rôle de la femme dans l'aïkido
Il est très difficile d'aborder ce sujet sans tomber dans des lieux communs :
Donner ou recevoir un coup et même chuter n'est pas simple d'autant plus que depuis toute petite fille nous jouons plus à dorloter nos poupées qu'à faire des cascades! Sans préjugés ni standards vulgarisés, cette caricature est là pour rappeler les apories qui existent sur les arts martiaux et sur les différences entres les sexes encore plus chez les personnes qui ne connaissent pas bien les arts martiaux et leurs natures profondes._ Parce qu'il n'est tout de même pas faut de penser que les hommes ont en eux une sorte « d'efficacité technique naturelle ».
Mais l'essentiel de notre travail technique est basé sur « une utilisation intelligente de notre force physique» c'est a dire pas de résistance et pas de heurts à l'encontre de notre partenaire. D'ailleurs en aïkido nous n'avons pas d'adversaire mais des partenaires : nous mettons à tour de rôle notre corps à disposition de l'autre pour l'apprentissage de la technique.
Ce qui fait la richesse de l'aïkido c'est qu'il n'y a pas de place pour le combat, la lutte et la recherche du pouvoir, l'aïkido est une voie à suivre: une philosophie.
Et c'est cet esprit véritable de la voie qui séduit entre autres les femmes et qui leur permet de s'épanouir dans notre discipline.
Pour ce qui est de la légitimité technique des femmes...
La vraie question n'est pas de savoir si l'on peut évoluer comme un homme, mais de savoir si l'on peut évoluer tout simplement; aurons nous la chance un jour d'avoir des modèles féminins?
Pour ce qui est d'avoir une légitimité technique, je dirais que j'ose y croire même si malheureusement on peut se sentir encore parfois très seule sur le tatami_ notamment pendant les stages enseignants, où nous sommes peu nombreuses et parfois un peu délaissées.
Il y a encore trop peu d'exemples féminins CEN (chargé d'enseignement national).Aucun motif pourrait justifier le contraire : l'aïkido nécessite et développe la souplesse et l'énergie qui sommeille en nous en tentant d'oublier la force physique et l'agressivité : Pourquoi ne serions nous pas capable de démontrer ces principes en servant d'uke plus souvent par exemple? Rares sont les fois où les femmes servent d'uke en stage!
Sommes- nous capables d'être égaux tout en restants différents ?
N'oublions pas de rester différents c'est ce qui fait notre richesse et qui nous fait évoluer ;
Une chose est sûre c'est que nous devons préserver notre art de tout risque de ségrégation possible : il ne doit pas y avoir d'aïkido spécifiquement féminin, mais restons féminines sur le tatami. Nous devons nous évertuer à perpétuer notre aïkido : celui que TAMURA SENSEI nous transmet.
J'oublie peut être une question essentielle : la motivation de tout à chacun :
Avons nous les mêmes désirs, les mêmes envies et la même quête des sensations.
Pour le savoir il faudrait le demander à nos amis masculins... peut être dans un article sur l'aïkido et les hommes!!
Dans l'attente de vous lire!...
Lucille Boulogne
Shodan